Le syndrome prémenstruel et la sécurité en plongée : ce qu’il faut savoir
- Purple Dive

- 6 mars
- 4 min de lecture
En tant que plongeuses, nous savons que notre corps fait face à des défis spécifiques, à la surface comme sous l’eau. Parmi les sujets rarement abordés ouvertement, mais souvent chuchotés dans les centres de plongée, il y a celui-ci : comment le syndrome prémenstruel (SPM) peut-il affecter notre sécurité en plongée ?
Il est temps de sortir cette discussion de l’ombre et de regarder ce que dit la science sur la plongée pendant cette période parfois compliquée de notre cycle.
Comprendre le SPM et ses effets
Le syndrome prémenstruel touche entre 25 et 50 % des femmes. Il survient généralement quelques jours avant les règles. Les symptômes sont variés et souvent désagréables :sautes d’humeur, irritabilité, baisse de la concentration, fatigue, tension, déprime, maux de tête, ballonnements, gonflements, douleurs aux seins, douleurs articulaires, fringales…
Pour certaines, ce n’est qu’un léger inconfort, pour d’autres, cela impacte sérieusement leur quotidien, et donc, potentiellement leur sécurité en plongée.
Et ce n’est pas une impression : les études montrent que le risque d’accident est globalement plus élevé pendant cette période.Il ne s’agit pas d’exagérer ou de “se cacher derrière ses règles” c’est un fait scientifique à prendre en compte lorsqu’on organise ses plongées.

Pourquoi ce risque augmente-t-il pendant le SPM ?
Même si tous les mécanismes ne sont pas encore totalement compris, plusieurs facteurs associés au SPM peuvent augmenter le risque d’incident en plongée :
Moins de concentration : le SPM peut ralentir la réflexion et altérer les temps de réaction. Or, sous l’eau, chaque seconde compte.
Humeurs changeantes ou irritabilité : la plongée demande sang-froid et prise de décision rationnelle. En période de SPM, on peut être plus impulsive, ou réagir de façon moins adaptée.
Fatigue physique : elle réduit les performances physiques et mentales, essentielles à la sécurité sous-marine.
Inconfort physique : maux de ventre, migraines, douleurs articulaires… tout cela peut nous détourner de notre vigilance ou nous empêcher de bien réagir.
Plonger de manière plus sûre pendant le SPM
Bonne nouvelle : pas besoin de ranger tes palmes tous les mois !
Voici quelques stratégies simples pour plonger plus sereinement pendant le SPM :
Avant la plongée
Suis ton cycle : repère les jours où tes symptômes sont les plus marqués.
Choisis des sites faciles : évite les plongées dérivantes ou les épaves profondes pendant les jours de SPM fort.
Plonge avec un binôme de confiance : explique-lui que tu pourrais avoir besoin de plus d’attention ou de repos.
Prévois des intervalles de surface plus longs : prends le temps de te reposer, de boire, de respirer.
Pendant la plongée
Sois plus conservatrice : limite la profondeur et le temps au fond.
Allonge le palier de sécurité : laisse à ton corps plus de temps pour éliminer l’azote.
Reste proche de ton binôme : garde une bonne communication visuelle.
Écoute-toi : si tu ne le sens pas, interromps la plongée sans culpabiliser.
Après la plongée
Sois attentive à ton état : surveille les sensations inhabituelles ou l’inconfort.
Hydrate-toi bien : ça aide à limiter les ballonnements et à améliorer la circulation.
Repose-toi : ne force pas si tu es épuisée. Ton corps a besoin de récupération.
Et la maladie de décompression ?
À ce jour, il n’y a pas de preuve scientifique directe indiquant que le SPM augmente le risque de maladie de décompression (DCI). Mais certaines modifications physiologiques – comme la rétention d’eau ou les gonflements – pourraient théoriquement influencer la manière dont l’azote est éliminé.
Certaines femmes disent se sentir plus “gonflées” ou remarquent des symptômes légers de DCI en période prémenstruelle.Cela reste anecdotique, mais c’est une raison de plus d’adopter une approche prudente.

Quand vaut-il mieux renoncer à plonger ?
Il n’y a aucune honte à dire stop. Voici quelques signes que tu ferais mieux de rester à la surface :
Fatigue extrême qui altère tes capacités physiques
Douleurs importantes qui risquent de te distraire sous l’eau
Changements d’humeur intenses pouvant nuire à ta sécurité ou à celle de ton binôme
Une vision plus globale
Chaque femme vit le SPM différemment. Certaines plongent sans problème, d’autres doivent adapter leur rythme ou leurs objectifs.L’essentiel, c’est d’être honnête avec soi-même et de savoir adapter sa pratique quand c’est nécessaire.
En parlant plus ouvertement de ce sujet dans notre communauté de plongeuses, on renforce la sécurité, on brise les tabous, et on permet à chacune de plonger en confiance.
En résumé
Le SPM peut influencer notre sécurité en plongée – ce n’est ni un mythe, ni un tabou.
Il existe des solutions simples pour plonger prudemment pendant cette période.
L’écoute de son corps, la planification, et un peu plus de douceur envers soi-même sont les clés d’une expérience sûre et agréable.
Et parfois, ne pas plonger est la meilleure décision.
Note: Ces informations ont un but éducatif et ne remplacent pas un avis médical. Consulte ton médecin ou un spécialiste en médecine de plongée pour des conseils personnalisés.
Sources :
Divers Alert Network (DAN) – “Women’s Health and Diving”https://world.dan.org/health-medicine/health-resources/diseases-conditions/womens-health-and-diving/
Uguccioni, D.M., Moon, R., & Taylor, M.B. – “Premenstrual Syndrome and Diving Safety”, DAN
American College of Obstetricians and Gynecologists – “Premenstrual Syndrome (PMS)”
Bennett, P.B. & Elliott, D.H. – The Physiology and Medicine of Diving
Bove, A.A. – Bove and Davis' Diving Medicine




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