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Qu’est-ce qu’un FOP (Foramen Ovale Perméable) ?

  • Photo du rédacteur: Purple Dive
    Purple Dive
  • il y a 2 jours
  • 5 min de lecture

Imaginez la scène: vous remontez d’une magnifique plongée, en respectant scrupuleusement toutes les règles, en restant dans les limites de non-décompression et en effectuant votre palier de sécurité. Tout est parfait. Pourtant, quelques heures plus tard, vous développez d’étranges symptômes: des fourmillements dans les membres, des maux de tête persistants ou une fatigue inexpliquée. Bienvenue dans le monde complexe de la maladie de décompression, liée à une affection dont vous ignorez peut-être même l’existence: la persistance du foramen ovale (PFO).


Qu'est-ce qu'un PFO exactement ?

Pour comprendre la persistance du foramen ovale (PFO), il faut remonter un peu avant la naissance. Dans le ventre de la mère, le fœtus ne respire pas par ses poumons; il reçoit l’oxygène de sa mère via le placenta. Pour compenser, le cœur en développement présente une petite ouverture appelée foramen ovale, qui permet au sang de contourner les poumons et de passer directement de l’oreillette droite à l’oreillette gauche.

À la naissance, lorsque le bébé prend sa première respiration, les poumons se dilatent et les variations de pression dans le cœur provoquent la fermeture brutale de cette ouverture. Chez la plupart des personnes, elle se ferme définitivement au cours des premiers mois ou des premières années de vie. Mais voici le plus surprenant: chez environ 27 % de la population – soit plus d’une personne sur quatre – cette ouverture ne se ferme jamais complètement. Lorsqu’elle reste ouverte, on parle de persistance du foramen ovale (PFO).

Pour la plupart des personnes, la PFO ne cause absolument aucun problème de santé. Nombreuses sont celles qui vivent jusqu’à un âge avancé sans jamais savoir qu’elles en sont atteintes. Mais pour les plongeurs, ce petit trou peut devenir un problème important.


A graphic to explain what is a PFO  Patent Foramen Ovale


Le lien avec la plongée: pourquoi les plongeurs devraient-ils s'en soucier ?

Lors d'une plongée, notre corps absorbe l'azote de l'air comprimé que nous respirons. Pendant la remontée, cet azote doit être éliminé progressivement par les poumons. Même en suivant scrupuleusement les procédures, de minuscules bulles d'azote, appelées embolies gazeuses veineuses, peuvent se former dans le sang. Normalement, ces bulles se dirigent vers les poumons où elles sont filtrées et expulsées sans danger lors de la respiration.

Mais une communication interauriculaire (CIA) crée un court-circuit. Si la pression dans l'oreillette droite dépasse celle de l'oreillette gauche (ce qui peut arriver lors d'activités comme se déboucher les oreilles, soulever du matériel lourd ou même faire un effort physique), ce canal peut s'ouvrir. Dans ce cas, les bulles d'azote peuvent contourner complètement le système de filtration pulmonaire et passer directement dans la circulation artérielle. De là, elles peuvent se propager dans tout le corps et potentiellement atteindre le cerveau, la moelle épinière, l'oreille interne ou la peau.

Les statistiques sont alarmantes. Les plongeurs atteints d'un FOP courent un risque 2,5 fois plus élevé de développer un accident de décompression que les plongeurs qui n'en sont pas atteints, et un risque 4 fois plus élevé en particulier pour l'accident de décompression neurologique, la forme la plus grave.


La taille compte: comprendre votre risque

Tous les FOP ne présentent pas le même risque. Le danger augmente considérablement avec la taille de l'orifice. Si 27 % de la population est porteuse d'un FOP, seulement 6 % environ présentent un FOP « important », généralement d'un centimètre ou plus de diamètre. Ces orifices plus larges sont les plus préoccupants car ils permettent à un plus grand nombre de bulles de gaz de passer.

Des études ont montré que plusieurs facteurs doivent être réunis pour qu'un FOP contribue à un accident de décompression. Il faut un orifice suffisamment large, la formation de bulles de gaz veineux pendant la plongée, un élément déclencheur de l'ouverture du FOP (comme une manœuvre de Valsalva), et le passage de ces bulles vers des tissus vulnérables encore sursaturés en azote. Ceci explique pourquoi de nombreux plongeurs porteurs d'un FOP ne rencontrent jamais de problèmes, tandis que d'autres peuvent subir des incidents inexpliqués malgré des pratiques de plongée prudentes.


Que peut-on faire les plongeurs ?

Si vous êtes atteint d'une FOP (ou si vous soupçonnez d'en être atteint), trois options s'offrent à vous, chacune présentant ses propres avantages et inconvénients:

Arrêter complètement la plongée. C'est l'option la plus sûre, bien que difficile à prendre pour les passionnés de plongée.

Plonger avec plus de prudence. Cela implique d'adopter des protocoles de sécurité plus stricts: limiter la profondeur à 20 mètres maximum, éviter les plongées avec décompression, allonger les paliers de sécurité, utiliser du nitrox (air enrichi) pour réduire la surcharge en azote, éviter les efforts physiques intenses avant et après les plongées, et éviter toute activité susceptible d'augmenter la pression dans l'oreillette droite.

Envisager la fermeture de la FOP. Une intervention mini-invasive permet de fermer l'orifice à l'aide d'un petit dispositif inséré par cathéter. Cependant, cette intervention n'est pas sans risques: le taux de complications varie de 5 à 7 %, et la décision ne doit être prise qu'après une consultation approfondie avec un cardiologue spécialisé en médecine de la plongée. La fermeture n'est généralement pas recommandée aux plongeurs n'ayant jamais présenté de symptômes.


Devriez-vous vous faire dépister ?

Le dépistage systématique de la FOP chez tous les plongeurs n'est pas recommandé. Le risque absolu d'accident de décompression reste relativement faible, même en présence d'une FOP, et le dépistage a un coût. Cependant, un examen doit être sérieusement envisagé en cas d'épisodes répétés d'accident de décompression, notamment avec des manifestations neurologiques, de l'oreille interne ou cutanées, surtout si ces épisodes sont survenus après des plongées prudentes qui n'auraient pas dû poser de problème.

La méthode de dépistage la plus efficace associe une échocardiographie transthoracique à un test de contraste aux microbulles, idéalement réalisée dans un centre spécialisé dans cette technique.


En résumé

Une FOP ne signifie pas forcément la fin de votre carrière de plongeur, mais elle exige une vigilance accrue et souvent une adaptation des pratiques de plongée. De nombreux plongeurs porteurs d'une FOP continuent de plonger en toute sécurité pendant des années en suivant des protocoles rigoureux. L'essentiel est de prendre des décisions éclairées, basées sur des informations précises concernant votre anatomie et vos facteurs de risque.

Si vous avez présenté des symptômes de décompression inexpliqués, si vous souffrez d'accidents de décompression récurrents malgré des pratiques de plongée sûres, ou si vous avez des antécédents de migraines avec aura (liées aux FOP), parlez-en à un médecin spécialisé en médecine de la plongée afin de déterminer si un dépistage est indiqué dans votre cas. Savoir, c'est pouvoir, surtout lorsqu'il s'agit de plonger en toute sécurité sur le long terme.


Cet article n'a pas été rédigé par des professionnels de santé ! Si vous pensez être porteur d'une FOP, consultez un médecin.

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