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Boire et plongée - Attendre que les bulles se déposent

Dernière mise à jour : 20 juin

Quoi de mieux que d'apprécier une bière bien fraîche pour se relaxer après une plongée ? Il semble que ce soit une pratique courante, mais quels sont exactement les risques et quel est l'impact de l'alcool sur la plongée ?


Dans ce post nous examinerons les implications pour la santé de cette "bière déco", pourquoi et comment l'alcool interagit avec la plongée et quand nous pouvons boire cette bière !


Premièrement ; pourquoi l'alcool est dangereux et qu'est ce qu'il ce passe pour nos corps lorsqu'on boit ?


L'alcool est une drogue "dépressive". Ses effets se manifestent sur presque tous les systèmes de notre corps. Dans le système nerveux central, l'alcool interfère avec les voies du cerveau, perturbant le comportement et la coordination. Dans le système circulatoire, l'effet à court terme de l'alcool augmente la pression artérielle et le pouls et, à long terme, peut accroître le risque d'arythmie, de maladie cardiovasculaire et d'infarctus du myocarde. Dans les systèmes gastro-intestinal et endocrinien, l'alcool peut endommager le foie et le pancréas produire des substances toxiques. On a également constaté que l'alcool affaiblissait notre système immunitaire et augmentait le risque de divers cancers.


Une tequila, deux tequila, trois tequila... au sol !?

Plus nous buvons, au plus l'alcool est absorbé dans notre système sanguins et au plus les symptômes apparaitront. Selon des études;

  • Après 1 ou 2 "unités", les vaisseaux sanguins s'élargissent et la fréquence cardiaque s'accélère.

  • Après quelques unités supplémentaires, nous constatons l'effet sur le cerveau : le jugement et la prise de décision sont affectés. Nous nous sentons désinhibés, la coordination diminue, l'équilibre et la mémoire peuvent être affectés.

  • Quelques unités de plus et les temps de réaction seront nettement plus lents, et les troubles de l'élocution apparaîtront.

  • Si vous consommez plus d'alcool, l'effet dépresseur vous rendra somnolent et votre coordination sera fortement diminuée.

"Ne brisez pas le sceau" Cette phrase bien connue vous est peut-être familière et vous l'avez peut-être déjà expérimentée. Dès que vous commencez à boire, les effets semble atteindre votre vessie très rapidemment. Cette (sur)réaction est la tentative de notre corp de se débarasser de la drogue toxic dans notre système. En plus de cela, l'alcool bloque la production des Hormone Antidiurétique (ADH), qui sont les hormones que notre corp relache pour arrêter d'uriner trop souvent. Avec le signal perturbé, notre corps continue de produire de l'urine, et on devient déshydraté.


Deuxièmement ; pourquoi plonger est dangereux ?



DCS - l'azote, en tant que gaz inerte, devient plus soluble dans le sang. Au cours de la plongée, l'azote s'accumule dans le sang et les tissus, et, lorsqu'il remonte à la surface, il doit être remis en solution. Le risque est que si la pression chute trop rapidemment, le gaz sort trop vite de sa solution et crée des bulles nocives dans le sang et les tissus. C'est ce qu'on appelle la maladie de décompression, qui peut être fatale. L'effet de ces bulles peut varier: dans les cas les plus graves, elles peuvent atteindre le cerveau, provoquant un accident vasculaire cérébral, ou le coeur, provoquant une crise cardiaque ; dans les cas les moins graves, les bulles sont présentes dans les tissus et la peau. Les signes et les symptômes du DCS peuvent être les suivants: douleur/trouble dans les articulation, engourdissement ou paralysie, démangeaisons cutanées et altération de l'état mental/confusion. Les symptômespeuvent apparaître tardivement, entre 15 minutes et 12 heures après la plongée.


Narcose à l'azote - Un autre facteur problématique qui peut survenir lors de l'inhalation de ce gaz inerte sous pression est qu'il peut avoir un effet narcotique sur le cerveau et perturber la fonction neuromusculaire. La physiopathologie de ce phénomène n'est pas entièrement comprise car les atomes d'azote inhalés sous pressions sont chimiquement inchangés, l'absorption de l'azote dans la partie lipidique de la cellule peut produire un effet narcotique.

Les signes et symptômes de la narcose à l'azote sont la confusion mentale, des temps de réaction retardés et des troubles du jugement, très similaires à ceux de l'intoxication alcoolique. Le danger ici est que la narcose azotée peut affecter le jugement et la prise de décision d'un plongeur, lui permettant de prendre des risques qu'il ne prendrait pas normalement, un peu comme s'il était ivre ! Les effets de celle-ci se développent rapidement et sont réversibles, disparaissant en ajustant la profondeur.


Déshydratation - La déshydratation est un risque de la plongée qui est moins mentionné mais qui n'en est pas moins sérieux. Elle réduit le volume sanguin et la perfusion des tissus. L'air que nous respirons lorsqu'on plonge est très sec et notre corps doit compenser et humidifier l'air lui-même. En plus de cela, il y a un phénomène qui est l'immersion dans l'eau qui entraîne une constriction des vaisseaux sanguins périphériques et un déplacement des fluides, ce qui a pour effet d'éloigner le volume sanguin de la périphérie et de l'envoyer vers les principaux organes. Notre corps interprète ce phénomène comme une surcharge de liquide et, pour tenter d'y remédier, la production de l'hormone antidiurétique est stoppée, ce qui nous fait uriner davantage et perdre du liquide.


Alors, quand est-ce que je dois arrêter de plongée avant la plongée ?


Clairement, être intoxiqué lorsqu'on plonge c'est un non absolu ! Mais quand est-ce qu'on peut plonger après avoir pris un verre ? Eh bien, le taux d'absorption, d'élimination et les effets de l'alcool varient d'une personne à l'autre et dépend des facteurs comme la taille, le poids, la génétique... Il y a plusieurs moyens d'évaluer la présence d'alcool dans notre corps; à travers l'urine, le sang et la salive, entre autres, tous élimine l'alcool à un rythme différent. L'alcool est décomposé dans le foie et il n'est pas possible d'accélérer son élimination ; par exemple, prendre une douche froide ou boire un café peut vous rendre plus alerte mais n'affectera pas la quantité d'alcool dans votre système. L'alcool a une demi-vie d'environ 4 heures et il faut entre 7 et 12 heures pour que l'alcool quitte l'organisme, en fonction du produit testé et de la quantité induite. La règle générale est de laisser passer 8 heures avant des activités telles que la conduite, ce qui est un bon conseil pour la plongée. Cependant, il est important de se rappeler que les effets de la consommation d'alcool, tels que la déshydratation, demeurent.

Et est ce que c'est possible de boire un verre après la plongée ?


Après une plongée, nous sommes toujours en train de "faire des bulles". Même si nous plongeons en toute sécurité, en restant dans nos limites et en suivant notre ordinateur de plongée, nous aurons toujours de l'azote en circulation dans notre sang et nos tissus après une plongée. Comme les bulles sont très petites et qu'elles n'ont généralement pas d'effets néfastes, on les appelle bulles silencieuses ou asymptomatiques. Notre corps doit "dégazer" ces bulles, ce qui peut prendre du temps. Étant donné qu'il est d'usage de laisser 60 minutes entre deux plongées pour permettre ce dégagement gazeux, il serait juste de supposer que le délai minimum avant de consommer de l'alcool devrait être au moins aussi long. Selon la théorie de la décompression, ce dégagement gazeux (qui dépend des profils de plongée et de la durée d'exposition à l'azote) peut prendre jusqu'à 12-24 heures avant que le processus ne soit terminé et que l'on revienne à la normale.


Quelles mesures pouvez-vous prendre pour réduire les risques ?


Il est évident que la consommation d'alcool et l'inhalation de gaz sous pression provoquent des effets similaires dans notre corps qui, lorsqu'ils sont combinés, peuvent exagérer et amplifier les symptômes. Alors, comment réduire les risques si vous souhaitez boire une bière déco après votre prochaine plongée ?


-Restez hydraté ! L'alcool et la plongée provoquent une déshydratation et bloquent l'hormone antidiurétique, il est donc très important de s'hydrater ! Buvez beaucoup d'eau avant, entre et après la plongée.


-Laissez du temps pour l'évacuation des gaz. Plus vous attendez avant de boire de l'alcool, mieux c'est, au moins 60 minutes.


-N'en faites pas trop. Prenez votre dernier verre la veille d'une plongée et célébrez une bonne plongée avec un ou deux verres seulement. Il serait très imprudent de planifier une séance sérieuse la veille ou le lendemain d'une plongée !


-Plongez prudemment ! Soyez à l'écoute de votre corps et plongez en respectant vos limites. Remontez lentement, effectuez un palier de sécurité et, bien sûr, suivez toujours votre ordinateur !





References:

Alcohol.org

National Library of Medicine

National Institute on Alcohol Abuse and Alcoholism

NHS:

DAN


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